Noétique

Après le développement industriel, technologique, spatial et nucléaire mais aussi politique, social, économique, artistique et culturel, le monde connait maintenant un fulgurant bouleversement dû au développement des communication et de l'information. Grâce aux télécommunications et à l'informatique, une population de plus en plus importante est informée de tout ce qui se passe sur la Terre. De plus en plus de gens, autrefois maintenus dans l'ignorance, ont accès au savoir et à la connaissance. Parmi cette population informée, nombreux sont ceux qui prennent conscience de leur personnalité, de leur indépendance, de leur existence en tant qu'individu capable de penser par lui-même et de s'affranchir des idées reçues, des dogmes. Ces personnes émancipées ont conscience de faire partie d'une humanité dont chaque individu est capable d'affirmer sa personnalité et sont en ce sens des humanistes. Mais elles ont franchi un palier supplémentaire en refusant d'accepter aveuglément les contraintes imposées par la collectivité et sont en ce sens des individualistes.
Ces gens ne veulent plus d'un monde de consommation, de profit, de corruption, d'endettement, de spéculation. On les appelle les "créatifs culturels" et leur influence grandissante va changer le monde. Les politiciens vont désormais devoir composer avec eux. La révolution noétique est en marche...

Quelques définitions trouvées sur le net

Noétique - Noologie (du grec ‘noos’ : connaissance, esprit, intelligence) : science de l’immatérialité c’est-à-dire de l’information (des formes) sous toutes ses … formes. Plus précisément, la noétique est l’ensemble des sciences, techniques et outils propres à la noosphère. Elle se concentre sur l’étude et le développement de toutes les formes de connaissance et de création qui engendrent et nourrissent la noosphère. L’on peut parler d’un nouveau domaine ; celle-ci s’appuie sur d’autres disciplines comme la philosophie, l’anthropologie, la physique, la systémique. Sens courant (dictionnaire ‘Petit Robert’) : « De la pensée (noèse) », adj. 1950, du grec noêtikos. Ou « Etude de la noosphère, étude de la connaissance en tant que système complexe organisé, évolutif et dynamique, étude de l’Esprit ». La « Noologie » est le nom donné par Edgar Morin aux "sciences de la connaissance. En ce sens, synonyme de "noétique".
Noosphère / noosphèrique : « couche » de savoirs et de connaissances qui couvre toute la Terre et ses réseaux, et qui se superpose à la sociosphère. Ce mot a été créé par Teilhard de Chardin (1881-1955) qui lui donnait cette définition : « Noosphère (ou sphère pensante) super-imposée coextensivement (...) à la biosphère » in ‘La Place de l’Homme dans la Nature’ (éd. Seuil, 1995). La noosphère désigne génériquement l'ensemble des réseaux d'idées et de connaissances où se déroulent les processus de création, de mémorisation, de transformation et de transmission des noèmes (voir ce mot). Elle est le lieu de leurs proliférations autonomes. La noosphère est une "couche" immatérielle souchée sur la sociosphère humaine mais distincte d'elle (comme l'arbre est souché dans l'humus mais distinct de lui).

Qu'est-ce que la noétique ?
Article de Marc Halévy-van Keymeulen paru dans "la Belgique libre" du 26 avril 2004

L'objectif du présent article est de préciser certains aspects d'un domaine d'études en pleine émergence : la Noétique, et ainsi, espérons-le, de susciter des intérêts et des vocations pour ce qui est déjà une des dimensions de demain. 

Le mot "noétique"
Le mot dérive de la racine grecque noos qui signifie "connaissance, intelligence, esprit".
Cette racine noos , à la source du mot "noétique", a donné de nombreux autres rejetons comme noosphère (Pierre Teilhard de Chardin) ou noologie (Edgar Morin) ou noèse et noème (Husserl).
Le mot "noetic" est beaucoup plus usité en Anglais qu'en Français ; on connaît par exemple le "Institute of Noetic Sciences" de Sausalito. 

Le contenu de la Noétique :
La Noétique, en très bref, est l'étude de la connaissance.
Non seulement au sens de l'épistémologie ou des sciences cognitives, mais, plus généralement, comme l'étude, sous tous leurs aspects, de la production (créativité), de la formulation (sémiologie et métalangages), de la structuration (théorie des systèmes, des paradigmes et des idéologies), de la validation (critères de pertinence, épistémologie) et de la prolifération (processus d'appropriation et de normalisation) des idées, au sens le plus large de ce terme. Elle étudie notamment la dynamique et les cycles de vie des idées et des théories.
Le champ est vaste. Presque tout y est encore à défricher. Les méthodologies restent souvent à inventer. Les concepts eux-mêmes, si l'on veut éviter barbarismes et néologismes jargonneux, doivent souvent être reformulés avec soin.
Historiquement, on peut dire que le développement récent de la Noétique est enfant de la révolution informatique qui, en provoquant le traitement, l'échange et le stockage de quantités immenses d'informations (donc d'éléments de connaissance), a rendu indispensable une réflexion de fond sur la nature, la structure et les procédures de la connaissance en général.
Mais la Noétique est plus qu'un champ d'études et de recherches. Elle est aussi au cœur des chavirements de notre époque … 

Une révolution noétique ?
Cette même révolution informatique, avec, pour parangon actuel, le phénomène Internet, a également enclenché une révolution de fond, paradigmatique (au sens de Kuhn) : nous passons de l'âge "moderne" à l'âge post-moderne, de la société des objets et de la consommation à la société de la connaissance et de l'information, d'une économie industrielle à une économie immatérielle, d'un pouvoir de l'argent à un pouvoir du talent, d'une vision mécaniste et réductrice du monde à une vision organique et holistique du monde.
C'est cela que j'appelle la "révolution noétique".
Elle avait été prédite par Henri Bergson, Albert Einstein, Werner Heisenberg, etc … et elle a déjà été décrite par Edgar Morin, Ilya Prigogine, Trinh Xuan Thuan, Ervin Laszlo, Hubert Reeves, Jacques Lesourne, Henri Atlan, Fritjof Capra, James Lovelock, Rupert Sheldrake et bien d'autres …
Que s'est-il donc passé ?
Rien de plus que la réalisation de la prédiction de Pierre Teilhard de Chardin quant à l'émergence, au départ de la sociosphère humaine, d'une nouvelle "couche" sur l'oignon terrestre  : une couche abstraite faite de connaissances autonomes, intégrées au sein de réseaux infinis. Cette couche, Teilhard l'appela la "noosphère".
C'est la révolution informatique qui a permis l'accélération contemporaine de cette émergence noosphérique.
L'homme, après s'être libéré des dangers de la Nature sauvage, se libère, aujourd'hui, peu à peu, de l'emprise de la Machine (emblème et modèle mécanistes de la Modernité) et de l'Objet (emblème de la société mercantile de la consommation) pour entrer dans l'ère de la connaissance et de la pensée créative.
Cette libération n'est pas neutre quant aux comportements … 

Une culture noétique ?
Cette révolution noétique induit déjà des changements comportementaux et sociaux fondamentaux. C'est ce que les sociologues américains Paul Ray et Sherry Anderson ont appelé : "L'émergence des créatifs culturels" (Ed. Yves Michel – 2001).
En deux mots, hors de la bipolarité classique entre "modernistes" (tenants du progrès technologique, de la consommation effrénée et de l'euphorie hédoniste) et "traditionalistes" (tenants du "bon vieux temps" et de toutes les nostalgies morales, idéologiques, positivistes et religieuses), les enquêtes menées montrent la montée d'une troisième force (qui représente entre 25 et 30% des populations adultes aux USA et en Europe).
Cette troisième force, les créatifs culturels, déploie une conception du monde et de la vie qui, probablement, deviendra bientôt dominante.
On y trouve les valeurs principales suivantes : autonomie sociale, respect actif de la nature, spiritualité libre, accomplissement de soi, défiance politique (leur devise serait : ni à gauche, ni à droite, mais en avant !), multi-activités et multi-appartenances, nomadismes, solidarités sélectives, désurbanisation, médecines douces et diététiques étudiées, réhabilitation du corps, réactivation du cerveau droit en plus du cerveau gauche, etc …

Pour conclure, une idée centrale : la Noétique est le domaine de la Connaissance et des transformations intellectuelles, sociales et spirituelles qui l'accompagnent.
De la connaissance au sens vaste, fluant et dynamique de ce terme.
De la connaissance au sens de quête millénaire qui s'accélère, où le cerveau de l'homme part à la rencontre de tous ses propres mystères et de ceux du cosmos.
De cette connaissance profonde et féconde qui allie recherche scientifique, création artistique et démarche spirituelle.
De cette connaissance qui induit un regard prospectif sur l'humanité, son sens et son devenir.
Noétiquement vôtre !


Il est donné à tout un chacun le droit de comprendre que : au même titre que la sociosphère est une partie de la biosphère, la noosphère est une partie de la sociosphère. Il convient toutefois d'admettre que la société sera de moins en moins sociale et de plus en plus individualiste. Fini le socialisme. Il n'y a plus qu'un pays dans la monde à vouloir appliquer cette politique désuète qui ne va enrichir que les dirigeants et leurs amis.
Il faut arrêter de pleurer sur des classes défavorisées et de faire de l'assistanat. Il faut passer du social individuel à l'individuel social : de même que chacun doit recevoir un salaire correspondant à son travail, il doit payer des assurance en fonction des niveaux de cotisation qu'il choisit.
Les assurances sont obligatoires : arrêts de travail, maladie, véhicules, habitation, responsabilité civile, retraite. Les taxes et les impôts sont supprimés à l'exception de la TVA européenne.
A l'évidence seul celui qui travaille perçoit un salaire. La durée de travail, les horaires, les vacances et la retraite sont choisis par le travailleur.
Les syndicats ouvriers et patronaux doivent s'associer pour défendre l'entreprise dont le directeur est un membre du personnel rémunéré selon les conventions collectives.
La répartition annuelle des bénéfices est réglée lors d'une réunion entre les délégués syndicaux, les actionnaires et l'inspecteur du travail.
Les travailleurs expérimentés qui ont un certain âge peuvent postuler au tutorat et devenir les formateurs d'apprentis ou de spécialistes adaptés à l'entreprise et au monde du travail. Elle est pas belle la vie ?


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